Développer la démocratie régional grace au numérique.

Publié le 28 Mars 2013

Entre la ville et l’Europe, nous ressentons bien que poids de l'action que l'on peut avoir en tant que citoyen est très variable. On peut encore décliner notre poids individuel, en fonction des sujets qui vont nous motiver et qui seront affichés lors de l'expression de notre message: l'activité économique immédiate en haut, et les préoccupation environnementales prés du fond du seau.

On peut encore faire un "dégradé" de ce poids en fonction du groupe dont il provient. Le système Français étant particulièrement réticente à faire entrer de nouveaux groupes dans le jeux des décisions économico-politiques : refus des class actions, mais aussi faible poids du secteur numériques au niveaux syndical, ou encore décisions préfectorales pour verrouiller des pouvoirs locaux.

Pour sortir d'une conception de la politique basée sur une organisation des intérêts particuliers, pour favoriser au contraire une intervention du citoyen qui apporterait aussi sa compétence (dans sa compréhension des nouveaux médias par exemple), sans rentrer entièrement dans la conception de "hacking" des institutions comme le propose le parti pirate, je pense qu'il faut commencer à agir à un niveau oublié par la démocratie française: la région. C'est aussi le plus proche de l’échelon fédéral, qui semble être mis en avant au niveau européen.

Pour résumer, l'"intra" c'est la région (elles pourraient se regrouper éventuellement). Les intérêts sont négociés entre les régions, avec l’état arbitre, puisque c'est ainsi que la France c'est construite, mais avec un périmètre revu. On discuterait uniquement des projets, non des intérêts particuliers, au niveau régional. Ceux-ci, comme les groupes de pression, ont déjà accès aux niveaux supérieurs (pays, Europe) et municipal !

La ou le numérique peut intervenir c'est en permettant une démocratie beaucoup plus directe avec des assemblées plénières en vidéo conférences voir des votes. Les budgets seraient aussi clairement exposés, avec des possibilités d'amender dans les détails. Consultez le site web de la région Midi-pyrénées ,qui est plutôt pourtant exemplaire, et vous comprendrez que le contrôle citoyen et l'interaction n'existe pas. Il n'existe qu'une information descendante, aucune expression de l'usager-citoyen n'est attendue. Celui-ci, n'a d'ailleurs aucune information pour connaitre l'orientation des projets à venir et leur poids financier, et ne peut que réagir bien trop tard, et après toute décision.

En rappelant que les élus régionaux (14 en midi Pyrénées) ne se réunissent quasiment jamais, les élus cantonaux pourraient largement représenter leurs électeurs au niveau régional qui posséderait une sorte d'assemblée régionale. Celle-ci aurait alors une vraie légitimité pour discuter en face de grosses agglomérations ! Autant dire qu'il serait nécessaire de dépolitiser largement ce niveaux cantonal et faire plutôt entrer des compétences diverses, voir former une nouvelle génération d'intervenants politiques. Donc zéro cumul de mandats sur ces postes mais des revenus variables basés sur des réalisations et leur alignement avec les positions régionales par exemple, ou des possibilités pour intégrer des étudiants par exemple. Bref, des élus qui tournent davantage, plus motivés plus compétents, plus représentatifs, avec un investissement à géométrie variable mais évalué.

L'objectif à plus long terme: Une certaine vertu démocratique qui s’étend dans le système démocratique français vers le haut, et vers le bas (ville, agglomération), et des citoyens qui prennent part au débat car ils agissent sur l'environnement qu'il habitent, mais qui est aussi l'image qu'ils souhaitent donner d'eux même à titre collectif, face au pays voir au monde.

Il reste cependant à simplifier l’accès à certaines techniques liées au numérique comme l'utilisation de données publiques, et travailler des outils démocratiques "grand public" (vote, assemblées virtuelles) open source. Des outils graphiques pourraient rapidement être mis en place pour le premier point, c'est une question de volonté. Le deuxième point demande du temps mais serait tout à fait envisageable même avec peu de moyens.

Les principaux freins à court terme, ne sont pas technologiques, mais liés au circuit des dépenses publiques. La région est en effet faiblement pourvue, mais accablée de responsabilités. Les agglomérations, vont par exemple elles consommer beaucoup plus pour des réalisations immobilières (fort besoin de financement, et structurées par des intérêts privées), avec une efficacités démocratique, économique, écologique faible et sans logique de redistribution. Avec en plus, un gros risque qui apparait souvent, d'externalisation des dettes provenant des municipalités.

Voici le courrier que j'ai fait parvenir à mon président de région (à partir du site web) :

Envoyé à partir du site de la région le 27/02/2013
Monsieur le Président du Conseil Régional,
Me questionnant depuis longtemps au sujet du fonctionnement et des responsabilités des pouvoirs locaux, spécialement dans le domaine de la prospective, autours des problématiques environnementales mais aussi de l'urbanisme, la séquence économique actuelle ne fait qu'approfondir mon questionnement.
Touché également par cette "crise" que j'ai subodorée dès mon adolescence, celle-ci n'a fait que se concrétiser tout au long de ces 25 dernières années malgré des efforts d'adaptation de beaucoup d'entre nous. Elle s'est aussi matérialisée localement au travers de nouvelles inégalités, mais aussi par la découverte de nombreux problèmes environnementaux, comme la raréfaction des espèces, liés aux techniques agricoles et aux usages du territoire.
Entre autre grâce aux efforts de la région Midi-Pyrénées, j'ai réussi à faire évoluer mes compétences. Sans être devenu un spécialiste, la problématique de la communication et l'utilisation des nouveaux médias me sont devenus plus familiers. J'essaie aussi logiquement de mettre en face la communication des Régions et leurs obligations vis à vis de leurs administrés, qui sont aussi leurs habitants mais encore des contribuables de la nation. Et ses responsabilités vont aujourd'hui au-delà de ses seuls budgets. En effet, si le pouvoir local est partagé avec des services déconcentrés dans des domaines parfois surprenants, les décisions des régions peuvent aussi trouver de leviers très importants grâce à leur proximité avec l'administration nationale, mais aussi grâce au système bancaire et autres partenariats public/privés.
La séquence économique évoquée précédemment changent la donne, en restreignant les ressources, mais aussi malheureusement, en figeant les situations et favorisant les contestations. Il faudra faire mieux, avec moins, en communicant de façon plus clair. Les éclaircissements à apporter ne portent que partiellement sur les sujets évoqués autours de la charte citoyenne que vous souhaitez expérimenter.
Sans critiquer les initiatives locales, la coordination des interventions individuelles et les concertations, on doit aujourd'hui reconnaitre la légitimité d'une communication à double sens entre les responsables de régions ou leurs représentants, et ceux dont ils doivent respecter les intérêts : les habitants. Les citoyens français ont, aussi, aujourd'hui bien compris que l’échelon régional est le bon pour agir. Ceci au-delà de leur intérêt individuel et de classe, mais pour le bien commun et ceci sans demander de reconnaissance particulière. C'est bien là ma propre motivation.
Ainsi j'ai été frustré par le débat du grenelle de l'environnement, malgré l'intervention forte de votre alter ego départemental en Haute Garonne. La rencontre entre citoyens et représentants locaux et préfectoraux, mais aussi groupes de pression avait cependant eu lieu devant tous ceux qui souhaitaient y assister. Je souhaiterai la même chose pour les grandes orientations régionales et leurs enjeux financiers, mais avec un suivi (régulier) qui devrait inclure les interventions des acteurs extérieurs ou groupes et une justification des décisions avec possibilité de recours (droit de réponse public). Vous l'aurez compris, ce sont surtout les affaires en cours dans d'autres régions qui justifient ces attentes. Mais c'est également un moyen d'obtenir une cohésion forte (sans se reposer uniquement sur des institutions sportives ou symboles économico-culturels comme nos voisins catalans) et un respect de l’échelon régional vis a vis du gouvernement, de l'Europe, ou dans de futures collaboration avec les pays émergents.
C'est aussi logiquement que je vous suggère de faire évoluer vos outils de communication. La presse régionale est aussi inadaptée, trop faible et peu efficace pour une diffusion d'information trop technique ou spécialisée. Les campagnes de presse dirigées par des entreprises privées sont rejetées par les citoyens et détournées (voir la campagne de vinci, pour notre dame des landes). Qu'est-ce qui empêche cependant d'organiser des réunions par téléconférence, des "webinars" et des diffusions de prises de paroles de nos élus régionaux en commission. Les contraintes techniques me semblent être un mauvais argument. Fonctionner aujourd'hui comme au temps des états généraux est à mon avis ridicule. Les outils sociaux représentent une opportunité pour communiquer de manière la plus directe possible à cette échelle. Et je ne peux que constater en me rendant sur le site internet de la région Midi Pyrénées que l'on peine à voir où l'interactivité (qui est aussi un moteur d'amélioration et de progrès) intervient.
Soyez indulgent avec ce courrier, que j'ai rédigé dans des conditions d'interaction comme je l'aurais fait sur un site web, entre deux appels dans le cadre de ma recherche d'emploi. Je compte prolonger cependant ma réflexion. Je reviendrais vers vous si un mouvement plus structuré arrivait à naitre, mais n'hésitez pas à me faire connaître votre position.
Mes plus Sincères Salutations.

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